Thierry Wanegffelen, trop tôt disparu, était un historien moderniste, c'est-à-dire spécialiste de la période qui va de la fin du Moyen Age à la Révolution française, et dans son cas, de la Réforme et des mentalités religieuses en Occident.
Thierry Wanegffelen entreprend des études d'histoire à la Sorbonne et se spécialise en
histoire moderne dès la maitrise. Reçu dans les premiers à l'agrégation en 1989, il passe un DEA l'année suivante en commence à enseigner à l'université Paris I où il prépare un doctorat qu'il passe brillamment en 1994. Il est alors nommé maitre de conférence puis professeur à l'université de Clermont Ferrand avant celle de Toulouse en 2006 et publie en 1997
Ni Rome ni Genève, un ouvrage très remarqué consacré à ces penseurs du temps de la Réforme qui ne se sentent à l'aise dans aucune des doctrines religieuses contraignantes et rivales qui leur sont proposées. Ce livre replace par ailleurs la conversion au catholicisme de
Henri IV sous un éclairage renouvelé. Nombre de ses travaux portent sur la Réforme, la régence de Catherine de Médicis marqué par les
guerres de religion,
l'Edit de Nantes. Il s'associe avec le grand historien de la pensée religieuse
Jean Delumeau pour écrire
Naissance et affirmation de la Réforme en 1997, un classique plusieurs fois réédité. Plusieurs de ses ouvrages ont été récompensés par l'
Académie Française, celle des
Sciences morales et politiques et celle des
belles-lettres. Il a également appartenu à l
'institut de recherches sur la civilisation de l'Occident moderne de l'université Paris IV et dirigé la revue
Foi et vie, revue de culture protestante. Il a malheureusement été prématurément emporté par la maladie en 2009, à l'âge de 54 ans.